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Pierre Bellerose, Bolloré Transport & Logistics : "Nous continuerons d’accroitre le rythme de nos investissements en Afrique de l’Ouest"

Publié le 13 juin 2022 à 13:33 Modifié le 24 sept. 2022 à 09:41

  • Pierre Bellerose, Bolloré Transport & Logistics : "Nous continuerons d’accroitre le rythme de nos investissements en Afrique de l’Ouest"

Pierre Bellerose est le Directeur Régional de Bolloré Transport & Logistics pour la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso. L'entreprise a inauguré le 13 mai 2022 dans la ville portuaire de San Pédro (Sud-ouest de la Côte d’Ivoire) une nouvelle station d’empotage pour faciliter l’exportation du cacao. Dans sa stratégie en Afrique de l'ouest, Bolloré Transport & Logistics veut faire d'Abidjan, un véritable hub logistique.

Bolloré Transport & Logistics a inauguré le 13 mai 2022 dans la ville portuaire de San Pédro, au sud-ouest de la Côte d’Ivoire, une nouvelle station d’empotage pour faciliter l’exportation du cacao. A quoi répond un tel investissement ?

Comme vous le savez, le cacao est le premier produit d’exportation de la Côte d’Ivoire et Bolloré Transport & Logistics, le premier logisticien ivoirien. Il est donc naturel de mobiliser nos moyens et ressources pour apporter notre contribution au développement de cette filière, qui représente environ 20 % du PIB en Côte d'Ivoire.

C’est dans ce sens que nous avons inauguré le 13 mai 2022, une nouvelle station d’empotage dans la zone portuaire de San Pédro qui est également le premier port mondial d’exportation de cacao. Ce nouvel investissement porte à trois, le nombre total de stations d’empotages cacao, construites par notre entreprise en Côte d’Ivoire, dont deux à Vridi, dans la zone portuaire d’Abidjan.

Ces investissements permettent d’apporter des réponses concrètes aux besoins de notre clientèle qui est très exigeante, en lui fournissant une qualité de service qui se veut irréprochable, malgré les difficultés auxquelles nous sommes parfois confrontés, notamment en cette période encore marquée par la Covid-19. En tant que logisticien, nous contribuons également à l’optimisation du processus d’exportation initié par nos clients, mais aussi, à la sécurisation des ressources de l’État de Côte d’Ivoire, pour lesquelles, nous sommes un maillon important de collecte à travers les ressources fiscales et douanières. 

Vous investissez dans la construction d’un véritable hub logistique dans la zone portuaire d’Abidjan. De quoi s’agit -il exactement ?

Depuis 2019, nous avons inauguré effectivement la première tranche d’un vaste projet de construction d’entrepôts à valeur ajoutée dénommé AEROHUB, dans la zone portuaire d’Abidjan. Il s’agit de construire une base logistique visant à accroitre et améliorer notre offre de service, pour l’entreposage et la logistique arienne dans l’optique d’offrir à nos clients des solutions aéroportuaires irréprochables. Dans cette même veine, nous avons engagés la 2ème phase 2 de cet important projet AEROHUB qui sera d’ailleurs inaugurée en septembre 2022, à travers la mise en service d’un nouvel entrepôt aérien de 9.000 m2, destiné au renforcement de notre offre de service liée à l’importation et l’exportation de marchandises par voie aérienne. La finalisation de ce projet permettra à Bolloré Transport & Logistics de construire en Côte d’Ivoire un véritable hub logistique pour le fret aérien en Afrique de l’ouest.

Quelle est la place des compétences locales dans votre stratégie de développement ?

Vous savez, la mise en œuvre de tous ces projets nécessite des ressources humaines compétences ayant une bonne connaissance de l’environnement et des spécificités opérationnelles locales. Heureusement, notre entreprise dispose d’équipes opérationnelles et de cadres locaux ayant des compétences avérées dans nos différents domaines d’intervention. Ainsi, dans la droite ligne de notre stratégie de développement des ressources humaines, nous faisons régulièrement la promotion de cadres locaux qui de plus en plus occupent la tête de nos directions opérationnelles, mais aussi au sein du top management de nos entreprises. Nous continuons d’ailleurs, à promouvoir les compétences locales à tous les postes de responsabilités tout en mettant un accent particulier à la féminisation de nos métiers, de sorte à offrir aux femmes les plus compétentes l’opportunité de s’épanouir pleinement au sein de nos entreprises.

Où en est-on actuellement avec le rachat des actifs de Bolloré Africa Logitics par le groupe MSC ?

La transaction est en cours de finalisation. Il faut noter que groupe MSC est un partenaire de longue date du groupe Bolloré et reste à ce jour le leader mondial de commerce maritime et premier armateur de navires porte-conteneurs. Ce groupe a connu une forte croissance en Afrique ces dernières années avec des investissements importants et il nourrit de grandes ambitions pour le continent africain.

Ce nouveau partenariat est aussi la reconnaissance de la stratégie déployée en Afrique par Bolloré Africa Logistics et le groupe Bolloré durant les dernières décennies, sous l’impulsion et la conduite de Vincent puis de Cyrille Bolloré et ayant fait de l’entreprise le leader des activités logistiques, portuaires et ferroviaires sur le continent. En effet, grâce aux investissements du groupe dans les infrastructures portuaires, à la qualité et au professionnalisme de ses équipes et à la densité de son réseau, le groupe Bolloré contribue chaque jour à améliorer la fluidité et la productivité des opérations logistiques en Afrique au bénéfice de ses clients et des économies que nous desservons. 

Doit-on craindre des licenciements ou des réductions d’effectifs, avec la venue de MSC ?

Dans le cadre de cette session, le groupe MSC entend conserver Bolloré Africa Logistics comme une entité autonome dont le siège resterait basé à Paris, de maintenir l’organisation actuelle et bien entendu les emplois. Par ailleurs, les accords et engagements pris par le groupe Bolloré vis-à-vis de ses clients, partenaires étatiques et privés seront maintenus et exécutés tel que conclu.

L’aboutissement de ce projet sera plutôt une opportunité de valoriser le potentiel des équipes et des remarquables actifs du groupe, afin de bâtir une offre encore plus performante pour nos clients et partenaires des secteurs privés et publics.

Pouvez-vous nous faire un point à date, de l’évolutions du projet de construction du second terminal à conteneurs du port d’Abidjan ?

Le projet du terminal avance bien. Nous enregistrons à ce jour, un taux d’exécution global du projet de plus 70%. Les premiers équipements qui seront utilisés pour les opérations de manutention sur ce terminal commencent d’ailleurs à arriver. Nous avons déjà réceptionné, en avril dernier, nos 6 premiers portiques de parc sur 13 prévus pour ce projet, ainsi que 14 tracteurs électriques, sur une commande de 36 tracteurs tous électriques.

C’est un projet emblématique. Il s’agit en effet du premier terminal de transbordement du port Autonome d’Abidjan. Sa mise en service dès novembre 2022, permettra d’accroitre les échanges dans la sous-région et contribuera au dynamisme des corridors Côte d’Ivoire/Burkina Faso/Mali, à travers l’accroissement du trafic de marchandises par voie maritime en Côte d’Ivoire et la sous-région. A terme, ce projet va générer 450 emplois directs et environ 1 millier d’emplois indirects.

L’une des spécificités de ce nouveaux terminal, est qu’il sera totalement éco responsable, sans émissions de carbone, ni de nuisance sonore, grâce à l’utilisation d’équipements 100% électriques. En effet, dans le cadre notre approche environnementale, Côte d’Ivoire Terminal est engagé dans un processus de labellisation « Green Terminal », mis en place par Bolloré Ports, à travers l’accompagnement de Bureau Veritas. Ce label permettra la certification de ce nouveau terminal, comme étant un terminal propre, sans émission de gaz à effet de serre.

Votre groupe a fait l’objet il y a quelques mois, d’une campagne de dénigrements au Burkina Faso où le consortium Burkina 2050, a remis en cause la CCR (convention de concession révisée) de votre filiale SITARAIL qui exploite le chemin de fer entre la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso. Quelle est la situation aujourd’hui ?

La Société internationale de transport africain par rail (SITARAIL) est la filiale de Bolloré Transport & Logistics qui opère, depuis 1995, le réseau ferroviaire entre la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso, long de 1265 kilomètres. Concernant la convention de concession révisée (CCR), après une période de négociations entamées depuis mai 2014, afin de définir les modalités d’une restructuration profonde du réseau ferré, les autorités burkinabè et ivoiriennes et SITARAIL ont effectivement procédé, en 2017, à la signature officielle de la CCR dont la mise en œuvre vise à augmenter l’attractivité et les performances de notre réseau.

A la différence de la précédente convention, qui est un contrat d’affermage ou de la simple exploitation de l’outil ferroviaire par le concessionnaire, la CCR a l’avantage d’étendre les responsabilités de SITARAIL dans le développement, la modernisation et la maintenance des infrastructures et du matériel. Aussi, la nouvelle convention améliore-t-elle la transparence de la gestion de l’outil à travers une meilleure implication des Etats dans le suivi de l’exploitation.

Dans le cadre de cette convention, SITARAIL a investi entre 2016 et 2021, plus de 45 milliards de FCFA dans le cadre de son programme d’investissement pour la modernisation de ses infrastructures et ses équipements de maintenance (PRI), afin d’améliorer la qualité du service ferroviaire. A titre d’exemple, grâce à ces investissements, le parc de matériel fonctionnel de SITARAIL est passé de 8 locomotives, en 1995, à 29 en 2021, et de moins de 600 wagons à plus de 1000 sur la même période. Par ailleurs, 40 km de voie ont été réhabilités ou construits, ainsi que 24 gares réhabilitées sur l’ensemble du réseau, entre 2010 et 2021.

Au plan social, SITARAIL emploie 1 500 travailleurs. Plus du tiers de cet effectif est au Burkina Faso pour une ligne dont les 2/3 sont en Côte d’Ivoire. En outre, entre 2016 et 2020, plus de 400 recrutements ont été effectués par l’entreprise qui génère 3 000 emplois indirects via des entreprises sous-traitantes, et plus de 25 000 personnes vivent de l’activité ferroviaire. SITARAIL reste donc un maillon essentiel du développement socioéconomique du Burkina Faso, de la Côte d’Ivoire et des pays de l’hinterland comme le Mali et le Niger.

Nous réaffirmons notre engagement et notre volonté de continuer à travailler, aux côtes des Etats du Burkina Faso et de Côte d’Ivoire, au développement du secteur ferroviaire et à la promotion de son rôle économique et social.

Nous sommes pratiquement sortis de la crise sanitaire du Covid-19, comment voyez-vous les perspectives de Bolloré Transport & Logistics en Afrique de l’ouest ?

Le groupe Bolloré est présent depuis plusieurs décennies en Afrique de l’ouest. Nous avons une politique d’investissement structurelle et même, dans un environnement complexe sur le plan économique, nous demeurons fidèles à cette démarche, car elle est le gage du développement. Le monde a beau être bouleversé par la Covid19, Bolloré Transports & Logistics demeure focalisé sur sa première mission, qui est de mobiliser les moyens pour satisfaire les besoins de sa clientèle. Nous restons donc engagés à investir durablement en Afrique de l’ouest, à travers nos différents projets, afin de consolider notre leadership sur le secteur de la logistique, mais aussi pour concrétiser notre ambition de faire de cette région, un véritable hub logistique en Afrique.

De même, au plan social, nous allons accélérer notre dynamique d’emploi et notre engagement en faveur de l’éducation, de la santé et de l’environnement. Cela, par la continuité de nos programmes de formation des jeunes, en vue d’accroitre leur employabilité, à travers notre centre de formation portuaire panafricain (CFPP) d’Abidjan et l’École supérieure des métiers ferroviaires (ESMF), de Bobodioulasso, au Burkina Faso, et nos partenariats avec les écoles de formation publics.

Nous prévoyons accroitre également le rythme de nos récompenses aux meilleurs élèves, dans le cadre de notre programme B-Excellence, à travers la mise à disposition de matériels didactiques, l’octroi de bourses d’études ou encore, des propositions de stage au sein de nos entreprises.